Meryem Mazini, « Madame LinkedIn » : l'IA écrit le premier jet, jamais le dernier mot
À la tête du cabinet CEM by Mazini, elle aide les dirigeants à exister sur LinkedIn, où elle compte plus de 137 000 abonnés. Elle travaille avec l'IA chaque semaine. Sa règle : si un texte pourrait être signé par quelqu'un d'autre, il ne sort pas.
On l'appelle « Madame LinkedIn ». Elle ne sait plus qui l'a dit en premier. Elle sait seulement que le surnom ne sort pas d'une agence de communication. Il vient de ceux qui la croisent sur LinkedIn et dans ses formations. Elle l'aime parce qu'il est simple et qu'il dit vrai : « Je fais de LinkedIn un outil business pour les dirigeants. Pas un réseau où l'on se montre, un réseau où l'on existe et où l'on signe. »
Derrière le surnom, il y a un chiffre : plus de 137 000 abonnés sur son profil, et 60 000 sur sa newsletter LinkedIn, « Démarquez-vous ».
De 4 à 450 personnes, puis son propre cabinet
Le premier tournant date de 2006. Sopra Steria la recrute pour son implantation au Maroc. L'équipe compte quatre personnes ; elle en comptera 450. Au contact de la direction générale, elle apprend « ce que diriger veut dire ».
Le second date de 2018. Après plus de quinze ans de salariat, de la pharma à la tech, elle fonde CEM by Mazini, pour Consulting & Events by Mazini, à Casablanca. Puis le Covid arrive. Tout bascule en ligne, et elle voit « des dirigeants brillants devenir invisibles du jour au lendemain ».
De là vient la conviction qui structure son travail depuis : « La visibilité n'est pas une option pour un dirigeant, c'est une responsabilité. »
Usage : ce qu'elle confie à l'IA
La première fois que l'IA a vraiment changé quelque chose, c'est en créant son site web. Elle l'a référencé en SEO, puis elle a découvert le GEO, l'optimisation pour les moteurs de réponse comme ChatGPT. Elle dit l'avoir mieux compris au bootcamp d'Ai4x. Ce qu'elle en retient : « Ça a sincèrement changé ma manière de travailler. Un grand merci à Ai4x, qui a su créer en moi une version augmentée par l'IA. »
Depuis, l'outil est passé « d'une curiosité à une méthode ». Elle ne teste plus, elle travaille. Voici trois tâches qu'elle lui confie dans une semaine normale, avec les temps qu'elle donne elle-même :
| Tâche | Avant | Avec l'IA |
|---|---|---|
| Premier jet d'un contenu LinkedIn : post, portrait, réponse | 1 h à 1 h 30 par post | 20 à 30 min, reprise à la main comprise |
| Recherche et vérification : sujets, faits, parcours des personnes citées | une matinée | 30 à 45 min |
| Premier jet d'un support : programme de formation, proposition, présentation | 2 à 3 jours | quelques heures, puis tout est repris à la main |
Outils : ChatGPT et Claude, avec des moteurs de recherche pour la vérification.
Discernement : ce qu'elle vérifie, ce qu'elle garde
Ce que l'IA lui a appris, elle le formule sans hésiter : « Une IA extrapole, même bien paramétrée. Elle écrit avec aplomb, y compris quand elle se trompe. » Depuis, aucun fait, aucune date, aucun chiffre ne sort de chez elle sans vérification. « L'IA propose, je dispose. La vérification, c'est mon travail, pas le sien. »
Il y a aussi ce qu'elle ne confie jamais à l'IA. Les informations de ses clients, d'abord : leurs projets, et leurs noms quand ils ne veulent pas être cités. Le dernier mot, ensuite : rien ne paraît sous son nom sans sa relecture. Et l'humain : le mot juste pour une personne qui traverse un moment difficile, une négociation, la décision d'accepter ou de refuser une mission. « L'IA prépare, je décide. »
« Si un texte peut être signé par un autre consultant, il ne sort pas. »
Sur LinkedIn, les textes écrits par l'IA se reconnaissent vite, selon elle. Elle cite des tournures comme « Tu as mis le doigt sur l'essentiel » ou « Ce qui me frappe… », et ces textes lisses que n'importe qui aurait pu signer. Pour les siens, elle s'impose une règle en cinq points : une histoire vraie, ses expressions à elle, des phrases courtes, une pique, et une vraie question à la fin.
Cet article vous a servi ?
La Lettre Ai4HER, c'est un usage concret comme celui-ci chaque semaine.
Transmission : ce qu'elle en fait pour les autres
Elle transmet d'abord aux dirigeants, au Maroc et en Afrique francophone. En septembre 2026, elle a initié deux dirigeantes de grands groupes marocains à l'IA générative. En octobre 2026, elle a formé l'équipe d'un organisme public au Sénégal avec son partenaire KMYTRADE Consulting. Elle anime aussi LinkedIn Local Morocco, la communauté à l'origine du premier événement physique LinkedIn Local au Maroc.
Ce qui a changé pour ces personnes, d'après elle : elles ont ouvert un assistant IA, elles en ont pris l'habitude, et plusieurs sont revenues lui demander de former leurs équipes.
Elle prend aussi la parole sur la place des femmes à la tête des entreprises : en octobre 2026, elle a signé dans Les Dirigeantes une tribune intitulée « Le plafond dont on ne parle pas ».
Ses trois chiffres
- 137 000+ abonnés sur LinkedIn (statistiques de son compte, octobre 2026)
- 60 000 abonnés à sa newsletter LinkedIn « Démarquez-vous »
- 15+ années d'expérience, de la pharma à la tech, avant de fonder CEM by Mazini en 2018
Pour la suivre : LinkedIn · meryem-mazini.com
Et vous, quel est votre profil IA ? 12 questions, 3 minutes, sans e-mail : faites le test.
Portrait réalisé à partir d'une interview écrite de Meryem Mazini. Les temps et les chiffres sont ceux qu'elle a déclarés ; Ai4HER n'a pas pu les mesurer. Ai4HER est un média édité par Ai4x, dont Meryem Mazini a suivi le bootcamp.